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LES MODES D’EXPRESSION DU HIP-HOP, DES ORIGINES A NOS JOURS :

Documentation construite et actualisée par les membres. Ces écrits sont tirés d'une publication de l'association Espace Défis, intitulée "The Black Book" chapitre 17 "L'écriture témoigne de l'importance d'échanger !"

Nous mettons en ligne tous ces écrits, pour qu'ils nourrissent votre curiosité et votre imagination sur nos expressions culturelles, qui souvent vous entourent dans votre quotidien. Cependant pour toute exploitation de nos publications, pour une diffusion publique ou commerciale, il vous faut recueillir préalablement l'autorisation des auteurs, le plus simple est de nous en faire la demande ; ceci pour continuer à rendre gratuites et accessibles nos publications au plus grand nombre, à en éviter une utilisation abusive, sans conscience collective et culturelle. Notre nouveau site internet est en ligne ! Professionnels, le téléphone est à privilégier pour un contact immédiat, une info rapide, par notre accueil téléphonique, de 10 H à 12 H et de 14 H à 18 H au : Tél. 06 13 71 84 30 / +33 (0)4 42 55 13 20

LE RAP

Première discipline artistique du hip-hop avec les Dj’s, le rap(1) est avant tout un texte scandé, improvisé ou non. Le rappeur est le maître des mots “le MC” (Maître de Cérémonie ou Maître des Contes). Le rap représente le retour primordial de la parole, de l’Afrique à la Jamaïque aux Etats-Unis, voici les contextes historiques, culturels, artistiques de sa naissance.

On retrouve dans le rap toutes ces influences de la Jamaïque, aux musiques populaires des ghettos noirs (la soul, le funk), aux luttes ancestrales pour la reconnaissance et les droits fondamentaux des peuples noirs américains, aux différents langages culturels et tout d’abord avec une tradition orale africaine très ancienne des “Griots” qu’on appelle aussi "Gewel" en langue sénégalaise. On pourrait aussi donner au griot le titre de "barde". Il a joué un rôle très important en Afrique de l'Ouest, dans la transmission orale de la culture des peuples. L'art du Griot consiste à aller de village en village pour transmettre la vie spirituelle passée, présente et future de la communauté, accompagné d'un instrument de musique (kora, tambour) pour rythmer les mots. Cet art demande de la virtuosité et une grande mémoire dans le chant et la musique. Le griot tient un rang social élevé au sein de la communauté noire.

Avec le holler, le rap s’inspire du chant, de ce cri de ralliement pratiqué par les esclaves dans les champs de travail(2). Le “holler” ou “holler field” était une des formes du “work song”, c’est le moyen d’exprimer sa condition de vie misérable, par des paroles brèves et rythmées en “appel-réponse”. C’est une façon de lutter, de résister, de survivre ! Le street holler est utilisé aussi par les marchands ambulants, dans les rues des villes.

Le toasting est aussi le digne héritier de la tradition orale africaine, c’est une expression artistique des années 1910/1920, aux Etats-Unis où l’art du toasting consistait à relater un fait d’actualité, sur un style narratif, l’interprétation variant selon le narrateur. Il est aussi associé au milieu carcéral avec les “toasts des prisons” et les “hustlers” (bandits de rue, lascars) où les détenus décrivaient leur mode de vie criminel ; ceux-ci vont préfigurer le “gangsta rap” et une composante importante de la culture rap américaine.

Le “prêche” (ou “preaching” en anglais) est une exhortation religieuse des populations noires et un discours politique extrêmement puissant, comme le faisaient Martin Luther King, Malcolm X, les Blacks Panthers, dans le but de lutter contre la ségrégation “raciale”, c’est aussi, avec le gospel, une influence forte dans l’expression rap caractéristique de la société américaine.

Les origines musicales du rap s’inspirent des soirées dansantes appelées “dancehall” en Jamaïque. Ces fêtes sont animées par un DJ qu’on appelait aussi “commandeur” à l’origine, celui-ci n’étant pas à l’époque celui qui dirigeait les platines, mais celui qui parlait ou exhortait le public à danser (c’était en quelque sorte le chauffeur de salle !). Un des tout premiers à prendre le micro fut “DJ Count Machuki” dans les années 50, suivi d’artistes célèbres comme “U ROY”, Prince Buster, Big Youth, I Roy dans les années 60/70. Ils ont été les premiers “toasters” à inspirer le rap.

On retrouve dans l’expression musicale hip-hop toutes ces influences issues de contextes particulièrement inhumains qui ont marqué une longue période : 400 ans d’esclavage pour la communauté noire, de migrations forcées, de déracinements, de revendications et une formidable énergie et créativité dégagées dans les parlers populaires de la culture noire avec les “dirty dozens" : langage où s’affrontent les rappeurs par répliques interposées, plaisanteries, railleries, vantardises, visant à tourner en dérision, c’est aussi un langage à caractère pornographique, avec le “jive” : argot de la rue, dérivé du Wolof “jev” qui signifie dénigrer, c’est le baratin des “rude boys” en Jamaïque, des DJ, le jive est aussi utilisé dans le blues et le jazz, et avec les musiques comme le blues, le gospel, le jazz, le rythm’n blues, la soul, le rock, et surtout le funk avec James Brown,(qui s’associe avec Afrika Bambaataa dans un single intitulé “Unity”, en 1984), figure emblématique ou George Clinton, Isaac Hayes, Sly And the Family Stone ... qui vont marquer et influencer la majeure partie des musiques qui vont émerger dans le monde entier, dont le rap dans les années 60/70 aux Etats-Unis. La manifestation du rap sera caractérisée par la volonté de faire passer “un message”, de défier (la pratique des battles), et de provoquer.

Le son rap a permis de rassembler tous les peuples de toutes origines, mais surtout les jeunes des ghettos qui s’expriment et parlent ouvertement des armes, de drogue, de sexe et de violence, tous ces fléaux qui rythment leur quotidien et qui donne au rap un aspect très controversé mais néanmoins authentique et réaliste, dans un pays à la culture pour le moins ambigue aussi et qui permet la libre circulation des armes, célébre la violence et la destruction dans ses films, comme “terminator” par exemple !

Le rap apparaît comme un message agressif, de rebellion systématique contre un pouvoir qui ne reconnait pas les plus démunis,
contre “Babylone” : à l’origine, ce mot que l’on retrouve dans beaucoup de chansons rap, est utilisé par les rastafaris, symboliquement en réaction à la société occidentale décadente, corrompue par un système capitaliste et déshumanisé (Establishment).

Tous les thèmes de la vie sont évoqués encore aujourd’hui, à partir de valeurs très fortes de respect, de liberté, d’émancipation. Se prendre en charge, devenir acteur de sa propre vie, ne pas subir le système(3) ..., sont entre autres des messages politiques véhiculés dans le rap.

(1) “To rap” : bavarder, baratiner.
“La culture hip-hop”, Hugues Bazin, éditions Desclée De Brouwer.
(2) “Le Tempo de mon imagination me rappelle que ma musique est née dans les champs de coton !”, paroles d’IAM, groupe de rap de Marseille, dans “L’école du micro d’argent” 1998.
(3) “Oui à la culture pour bâtir mon futur !”, paroles d’Assassin, groupe de rap de Paris, dans “Le futur, que nous réserve-t-il ?” 1992.

Dans le rap, toutes les tendances sont représentées : aux Etats-Unis, dans les années 60/70, “Last Poets” qui formait un groupe très lié aux racines africaines et apportait une forme de jazz parlé. En 1979, Sugarhill Gang sort le célèbre disque “Rappers Delight”, qui deviendra un style musical très populaire dans le rap, “Grandmaster Flash” connu comme musicien et DJ talentueux qui a perfectionné l’art du scratch et créé “The Message” en 1982 avec sa formation “Grandmaster Flash & The Furious Five” ; d’autres comme “Public Enemy”, des rappeurs très engagés, n’hésitant pas à dénoncer dans leurs textes les injustices (la misère, l’esclavage) dont sont victimes les populations noires depuis toujours : “Pour que la communauté noire se prépare à un changement, il faut qu’elle prenne la loi en main !”(1). Puis, Afrika Bambaataa, précurseur du mouvement hip-hop, DJ et musicien, qui sample sur une musique de Kraftwerk et créé le tube “Planet Rock” qui sort en 1982. On connaît aussi Kurtis Blow et Run-DMC, Beasties Boys (groupe new-yorkais d’origine du Caucase), “Jungle Brothers”, LLcool J ... produits par de grands labels comme “Def Jam”.

Dans les années 80, se fait connaître “KRS-One” (son patronyme est tiré de "Knowledge Reigns Suprême Over Nearly Everyone”,"la connaissance règne en maître ou presque dans chacun de nous” !) : “premier rappeur conscient, inventeur du hip-hop reggae et du flow décalé, co-fondateur de B.D.P. (Boogie Down Production), instigateur du mouvement “Stop de violence”, conférencier à Harvard, Stanford et Yale, pasteur à l’église de Riverside (Harlem) et fondateur du “Temple of hip-hop”, Krs-One est tout cela à la fois !”(2).

Le “gangsta rap”, autre style venu de la côte ouest des Etats Unis est né à Los Angelès dans les années 80, où se mêlent des textes témoignant des conditions de vie au quotidien dans les ghettos et des dégats humains que génèrent les fléaux du proxénétisme, du crime, de la drogue, du racket, de la violence ... à des scènes provocantes (clips vidéo). Le gangsta est largement diffusé par l’industrie du rap, entretenu par les médias audio-visuels, fanzines, qui donnent un reflet irresponsable et erroné de cette culture et une image peu valorisante du milieu hip-hop et de la population dont il est issu. Le style gangsta rap est le plus connu du grand public.

Le groupe N.W.A. (Niggers With Attitude) est un groupe pionnier du gangsta rap de la Côte Ouest des Etats-Unis. Depuis de nombreux artistes se sont succédés dans tout le pays dont 2pac (décédé aujourd’hui), Snoop Dogg, Ice Cube, Dr. Dre, 50 Cent ... Un autre rappeur américain “blanc” de Détroit, Eminem, se démarque dans le style gangsta rap : acteur (8 miles) et producteur, connu pour avoir une façon très originale d'écrire ses textes de rap, sachant manier à la fois la technique et le sens de la rime, à imposer son style et un flow très personnel (qualité d'élocution).

D'autres crews, membres de la "zulu nation", comme De La Soul et A Tribe Called Quest, de New-York, revendiquent un hip-hop conscient et positif, affichent leurs positions "anti-gangsta", de l'innovation dans leurs samples et dans leur rap avec des influences jazz et afrocentristes. Le groupe engagé “Wu-Tang Clan” représenté par 8 MCs, dont son leader “RZA” , est un exemple de talent et de rage créatifs sortis de “l’underground”, dans les années 90 à New-york. Leur nom a été choisi en référence aux guerriers chinois Wu-Tang et aux moines Shaolins, ainsi qu’à leur philosophie. La culture asiatique et notamment les films d’arts martiaux sont des sources d’inspiration importantes dans leur rap alternatif.

Missy Eliott, The Fugees avec Lauryn Hill, Quenn Latifah, Saliha sont des rappeuses importantes dans le mouvement hip-hop et la liste est longue aujourd'hui d'artistes talentueuses à revendiquer leur place dans ce genre musical plutôt machiste !

Le rap arrive en France dans les années 80, accaparé par les médias : “Radio 7”, “Radio Nova”, avec des rappeurs et D.J. connus comme Dee Nasty et Lionel D, puis la télévision en 1984, avec l’émission “hip-hop”, animée par Sidney (danseur hip-hop) qui popularise largement la culture hip-hop en mettant en avant la danse hip-hop.
Le rap semble disparaître avec l’arrêt de cette émission en 1985, mais c’est de nouveau dans les années 90 avec les tendances “groove” (poétique) avec Mc Solaar, modérées et régionalistes avec IAM ou “hardcore” (engagé, revendicatif) avec les groupes Assassin, NTM et les MC's Fabe, Passi ... qu’il revient sur le devant de la scène.
Il ne faut pas oublier qu’au même titre que le rap, le “ragga”(3) issu du mouvement reggae, fait partie intégrante du hip-hop avec les groupes Raggasonic, Saï-Saï, Sinsémilia, Massilia Sound System, Zebda (qui mélange influences rock, reggae, rap, raï) et Tonton David, tous des Raggamuffins(4).
L’inter-dépendance entre le mouvement Rasta (Bob Marley et les Wailers, Alpha Blondie, Tiken Jah Fakoly, en sont les référents les plus connus !) et Zulu est indéniable, ils se rejoignent dans l’idéologie, dans le message (la non-violence, la lutte contre la ségrégation raciale), par leurs liens originels à l’Afrique ... Sans oublier toutes les formations rap d'Afrique, d'Europe ... et toutes les B.girls et B.boys de la planète !

Le rap représente le langage de la culture urbaine, du mouvement hip-hop. Il est le vecteur de pensée et l’expression de toute une communauté minoritaire qui ne demande qu’à être entendue et considérée, l’égalité et la même justice pour tous ! Le rap c’est la voix de la réalité, de la rebellion et de l’improvisation, le “free style” en est une illustration essentielle où écriture et interprétation font claquer les mots et les rimes dans des compositions ingénieuses, souvent tirées de “l’underground” milieu prémonitoire et âme du hip-hop, source d’où jaillit la créativité. L’underground c’est l’endroit où amateurs comme professionnels travaillent en toute indépendance, sans intermédiaires et génèrent des initiatives tout autant louables que dans les milieux dits “reconnus” ou institutionnels.
“Ancienne ou nouvelle école, c’est l’école du rap, authentique qui est le plus important ! toujours tiré de l’underground et qui en fait sa force et sa crédibilité aux yeux de la rue et de la communauté”(5).

D’autres formes d’expression sonores et rythmiques sont apparues comme “l’human beat box” ou boite à rythme humaine : on produit avec sa gorge un son avec un rythme, le corps devient l’instrument ! Le groupe de rappeurs parisiens de “Saïan Supa Crew”, à la fin des années 90, en est une superbe représentation et particulièrement un des MC “Sly The Mic Buddah”.

Plus récemment, arrive le “Slam” en France avec "Pilot le hot", inspiré des Etats-Unis où il existe déjà depuis les années 80, jeu de poésie créé par Marc Smith (issu des “spoken word”, ou club de poésie, dans les 50/60 aux Etats-Unis). La tradition orale se renouvelle et se perpétue !

(1) Interview de Chuck D, leader du groupe “Public Enemy”, Free Style, interviews de Desse et SBG, Florent Massot et François Millet éditeurs.
(2) Revue hip-hop : “Radikal N° 54”
(3) Le terme “ragga” ou “ragga hip-hop” a été inventé par les Européens pour marquer l’évolution par rapport aux racines, le “reggae roots”, de la Jamaïque.
“La culture hip-hop”, Hugues Bazin, éditions Desclée De Brouwer.
(4) Raggamuffin : De l'anglais rags, guenilles, haillons et muff, empoté, bon à rien ; raggamuffin désigne une personne : un vaurien, un voyou et un genre musical : le ragga, fusion du reggae dancehall et du hip-hop avec des sons électroniques ajoutés, chanté et parlé dans un phrasé très rapide. En Jamaïque, être raggamuffin, c'est un mode de vie, un état d'esprit pour les jeunes issus du ghetto, appelés aussi "Rude Boys", c'est le chanteur de ragga, dur et débrouillard !
(5) “The news beats”, S.H. Fernando Jr., éditions Kargo & l’éclat.

Vous aussi, vous voulez compléter les sources d'informations sur les cultures et disciplines artistiques présentées dans cette rubrique, et les faire partager au plus grand nombre, alors n'hésitez pas à nous en faire part de façon réfléchie !

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