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L'apport de connaissances et les différences qu'il y a dans chacun de nous invitent à construire ensemble des réponses que nous vous livrons ici ...

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LES MODES D’EXPRESSION DU HIP-HOP, DES ORIGINES A NOS JOURS :

Documentation construite et actualisée par les membres. Ces écrits sont tirés d'une publication de l'association Espace Défis, intitulée "The Black Book" chapitre 20 "L'écriture témoigne de l'importance d'échanger !"

Nous mettons en ligne tous ces écrits, pour qu'ils nourrissent votre curiosité et votre imagination sur nos expressions culturelles, qui souvent vous entourent dans votre quotidien. Cependant pour toute exploitation de nos publications, pour une diffusion publique ou commerciale, il vous faut recueillir préalablement l'autorisation des auteurs, le plus simple est de nous en faire la demande ; ceci pour continuer à rendre gratuites et accessibles nos publications au plus grand nombre, à en éviter une utilisation abusive, sans conscience collective et culturelle. Notre nouveau site internet est en ligne ! Professionnels, le téléphone est à privilégier pour un contact immédiat, une info rapide, par notre accueil téléphonique, de 10 H à 12 H et de 14 H à 18 H au : Tél. 06 13 71 84 30 / +33 (0)4 42 55 13 20

LE GRAFFITI

TAG et GRAFFE : ORIGINES ... INFLUENCES ... MOTIVATIONS ...

Le “tag” est à l’origine du graffe !
Le tag : c’est une signature codée marquant un territoire, souvent illisible pour les non-initiés, c’est la base de lettrage du graffe.
Le tag comme le graffe s’inscrivent dans la tradition graphique issue de l’immigration hispanique avec le “Muralisme mexicain”.

En 69, à New-York, le tagueur Cay qui écrivait son tag en l’occurence son surnom, sur tout le métro disait : “Le nom, c’est la religion du graffiti, je regarde mon nom qui passe !”(1). Il pouvait rester ainsi des journées entières à regarder les rames de métro passer et à contempler son tag. Il indiquait ainsi une solution pour sortir du ghetto, de l’anonymat.

Lieux de prédilection du tag, le métro et autres lieux de circulation importante, en ville ou à la périphérie (autoroutes, voies ferrées ...) connurent d’autres tagueurs célèbres : Taki 183 et Julio 204, issus des minorités noires et latino-américaines.

Le tag, ça n’est pas que du vandalisme, c’est aussi une façon d’occuper l’espace et de constituer méthodiquement un réseau. Avec la “Zulu Nation”, il va progressivement s’affranchir de ses fonctions mafieuses (guerre de gang, racket, trafic de drogue).

Les motivations des tagueurs sont diverses : c’est d’abord l’envie de communiquer, le plaisir d’écrire pour écrire, c’est un moyen de s’affirmer en tant que jeune créateur ou bien de vouloir s’opposer à ce monde (appelé Babylone par les tagueurs) où l’argent prend une importance grandissante au détriment des relations humaines.

Les tagueurs sont aussi amateurs de sensations fortes et d’aventures, l’interdit, l’illégalisme sont d’autres composantes fondamentales du mouvement tag.
“N’oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos rêves et qu’à celles-là nous obéissons sans le savoir”(2).
Comme le disait Cay, le tag procure un plaisir évident, être vu par le plus grand nombre, vouloir être le meilleur et le plus connu dans son domaine. Cela démontre bien des motivations différentes, qu’elles soient personnelles (aspect narcissique) ou sociales (besoin d’affirmer son identité, être reconnu dans son milieu, mais aussi aux yeux de la société).

(1) “Graffiti de New-York”, documents de Mervyn Kurlansky et Jon Naar, texte de Norman Mailer, Chêne.
(2) Paroles de “Van Gogh”, livre “Paris Tonkar” de Tarek Ben Yakhlef et Sylvain Doriath, Florent Massot et Romain Pillement, éditeurs.

LE TAG, LE GRAFFE :

Un phénomène de société entre art et dégradation ...
Dans le tag, il y a des aspects en opposition :
Les tagueurs veulent s’affirmer en tant que jeune créateur, cependant ils rejettent cette société qu’ils nomment “Babylone”.

Dans le groupe(1), l’autorité du leader est symbolique, fonctionnant avec des lois internes alors que dans la société, le pouvoir du chef est subie. Les tags se réalisent la nuit, en opposition au travail qui se réalise plutôt le jour. les tagueurs s’approprient des lieux qui deviennent privés pour eux, alors qu’ils sont publics ... Leur langage est inversé (le verlan), leur mode vestimentaire aussi (la casquette à l’envers) ...

Le graffiti est aussi un régulateur de la vie sociale. A notre époque moderne, les tags abondent dans les lieux où l’oppression sociale est la plus marquée, où la vitesse des flux (activités économiques), des communications (voies de circulation) est la plus saturée et génératrice de stress.
L’état psychologique du tagueur renvoie à l’état de la société elle-même qu’elle considère comme un marginal. Ce tagueur, délégué inconscient, ne fait que traduire le langage de la société.

L’ambivalence des pouvoirs publics à l’égard des tagueurs ne fait qu’ajouter à l’incompréhension généralisée et alimente ce phénomène de société : “La RATP par exemple n’hésitera pas à combattre farouchement le tag, alors que dans le même temps elle l’utilisera en 1984 dans sa campagne “graffiti-ticket” comme vecteurs de la modernité urbaine et de sa communication institutionnelle”(2).

“Le tag et le graffe” sont deux expressions artistiques à part entière.
Même si le graffe est une forme plus élaborée, le tag n’est pas un art mineur par rapport au graffe, puisque tout graffeur a d’abord été tagueur ; ils ont seulement des chemins et des buts différents.

Le tagueur doit taguer le plus possible, mais son style tient autant à la beauté de son travail qu’à sa production : la qualité en quantité !

(1) Groupe : appelé aussi dans le mouvement hip-hop “posse” ou “crew”.
(2) “La culture hip-hop”, Hugues Bazin, éditions Desclée De Brouwer.

Rappelons, par exemple, le parcours fulgurant du graffiti artist Jean-Michel Basquiat, reconnu mondialement dans le milieu de l’art, exposa en 1981, à l’âge de 21 ans avec les plus grands artistes de l’époque : Andy Warhol (le père du Pop Art), Keith Haring (artiste aérosol), Futura 2000 et Lee (graffeurs hip-hop, artistes aérosol).

Jean-Michel Basquiat, artiste autodidacte new-yorkais, d’origine porto-ricaine et haïtienne, taguait sur les murs de la ville son surnom “Samo”.
Le milieu “Underground”(1) de New-York et la rue lui donnèrent ses inspirations : l’usage de l’écriture est pour lui indissociable de son contexte.

“Son oeuvre est toute entière fondée sur la gestion d’un chaos ! En opérant ainsi la picturalisation de cette parole jusqu’alors tue, Basquiat a donné à l’art du graffiti ses lettres de noblesse, il l’a tiré de l’underground pour le porter au grand jour des musées et des galeries, c’est-à-dire à la reconnaissance d’une esthétique par le milieu de l’art lui-même”(2).

Le “graffe” : c’est une forme plus travaillée que le tag, dans le sens où on n’utilise plus le marqueur, seulement la bombe de peinture aérosol, le nom n’est plus l’essentiel mais un élément de la fresque.

Le graffe a débuté en France, à Paris en 1983, sur les palissades de chantier de la Pyramide du Louvre et celles de Stalingrad, faisant de ces lieux des passages obligés pour tous les tagueurs et graffeurs d’Europe.
Les aléas du temps et les nombreuses interventions de police suscitèrent la fin de ces hauts-lieux du graffiti. Mais celui-ci renaît un peu plus tard sur le terrain de Mouton-Duvernet au sud de Paris, puis à la gare abandonnée d’Auteuil, sans compter toutes les actions sur les voies ferrées de la SNCF et de la RATP jusqu’à maintenant.

Paris fut le départ d’un nouveau mouvement qui va s’étendre rapidement à toutes les grandes villes européennes : Berlin, Bruxelles, Milan, Barcelone, Amsterdam, Stockholm ...

(1) ”Underground” : en anglais “souterrain”, se dit d’un mouvement, d’une production artistique qui se situent en dehors des circuits commerciaux traditionnels. Petit Larousse.
(2) “Jean-Michel Basquiat”, Musée de Marseille, éditions Seuil ( J. M. Basquiat est mort tragiquement en 1988).


Le graffe en Europe a créé de nouveaux styles. Avec le lettrage venu des Etats-Unis, le graffe va associer des personnages agressifs ou burlesques, des paysages, des couleurs. Le graffeur est le peintre de la rue !

Celui-ci trouve son inspiration, entre autres, à partir des bandes dessinées américaines (comics) ou françaises, japonaises (mangas) pour la réalisation de personnages de style figuratif.

Mais le graffe, c’est d’abord le lettrage et ses styles :

- le “block style”, premier style de lettrage inspiré du tag, aux grandes lettres carrées,
- le “throw up”, le “bubble style”, le “flop”, aux formes rondes, aux graphismes plus compliqués à réaliser,
A ces premiers styles de lettrages viennent s’ajouter le “dégradé”, la “3D”, le “out line” ou ligne extérieure, contour très marqué du lettrage, puis :
- le “semi-wild” et le “wild style” (styles sauvages) sont des styles plus élaborés encore, illisibles pour les non-initiés où flèches et lettres compliquées associent la typographie et la calligraphie japonaise ou arabe, par exemple.
Futura 2000 et Lee furent de ces premiers à importer le lettrage graffe des Etats-unis. En France Bando et Boxer sont des graffeurs de la première génération.

Le graffe c’est aussi la “fresque”, après le travail du lettrage s’ajoute la création du personnage (propre aux Européens) et la réalisation de la fresque où écriture, personnage, couleur, paysage se mélangent pour former un tableau gigantesque. Mode 2, Popay, Jeax ont été de ceux qui ont créé un style dans ce domaine.

Le “free style” ou style abstrait a été importé des Etats-unis par Jon en 1987, repris en France par les graffes de Lokiss, alliant couleurs et formes géométriques.

“Vandales ou artistes, les “writers”(1) n’en restent pas moins des créateurs porteurs d’une culture. S’il est considéré comme un art moderne, le graffiti ne fait qu’utiliser des techniques contemporaines, il est le prolongement d’une pratique ancestrale. Il y a seulement quelques milliers d’années des hommes préhistoriques peignaient ou gravaient sur les murs de Pompéï ou des grottes de Lascaux”(2).

Dans notre société évoluée, mais néanmoins violente, les cultures et le partage de ces cultures sont une solution pour la paix ! Le graffiti est plus que jamais un véritable outil d'expression, cependant il est encore loin d'être reconnu dans sa dimension artistique.

Dans leur film “GRAFFITI IFS” (3), les graffeurs CAZO et NOD (Artistes aérosol internationaux et membres fondateurs de l’association Espace Défis) défendent des idées humanistes et universelles, ils posent la question du devenir de l'humanité et de toutes ses richesses.
Le très fort message "Toute expression mérite d'être entendue" ! que proposent ces auteurs dans ce reportage documentaire, amène à réfléchir, à mieux connaître et comprendre la culture hip-hop et graffiti ; ils donnent des explications sur les techniques de graffiti et permettent surtout, de les rendre accessibles au plus grand nombre, initiés ou non.

“Ce film construit comme un documentaire se veut réaliste sur le hip hop et ses disciplines, pour cela nous avons recueilli des interviews qui se nourrissent de tous et qui témoignent de l'intensité de ce mouvement dans les messages et dans les techniques qu'il transmet et dans l'action qu'il génère. Des moments de vérité qui ne laisseront personne insensible, ni dans le doute, mais critique, pour une vraie prise de conscience sur ce qui doit être porteur de paix, pour plus de justice, ici et ailleurs.” CAZO

“Autour de cette réflexion “Toute expression mérite d'être entendue ... même la vôtre”, nous voulons partager notre mouvement qui fait du hip hop une culture universelle ! qui propose depuis très longtemps un esprit ouvert, libre et curieux ... c'est pour cela que tous les auteurs et ceux qui le soutiennent ont décidé de produire et de diffuser ce film indépendamment de tout monopole et industriel de la culture et de l’art ; pour plus de débats non élitistes, tenant compte de tous. Ce reportage amène des questions sur la place de l'artiste dans nos sociétés aujourd'hui, sur l'insertion du graffiti dans l'art contemporain, sur le phénomène de société qu'il suscite, sur sa valeur de “message”... NOD

(1) Writer : mot anglais signifiant celui qui écrit, écrivain, auteur.
(2) Paroles de Darco, graffeur, dans “Paris Tonkar” de Tarek Ben Yakhlef et Sylvain Doriath, Florent Massot et Romain Pillement, Editeurs.
(3) "Graffiti ifs” DVD en version française et anglaise - IFS451 production 2006 de Nod et Cazo

TAG ET CALLIGRAPHIE

Avant d’évoquer la calligraphie et son lien avec le tag, il faut remonter aux sources de l’écriture et celle-ci est une invention récente au regard de l’histoire de l’humanité. Si l’homme parle (dans un langage fait de sons articulés), depuis environs cent mille ans, il n’écrit que depuis cinq mille ans environ.

L’usage de l’écriture sur des supports très variés comme la pierre, la terre cuite, le papyrus, le papier, plus récemment l’ordinateur ... permet de communiquer dans le temps et l’espace, dans des fonctions propres : garder la mémoire, compter, établir l’ordre ... mais aussi écrire pour soi, entretenir des liens avec les autres ...

Les systèmes d’écritures mélangent les pictogrammes où chaque signe représente un objet, chez les idéogrammes, une idée, chez les syllabes, un son, chez les alphabets, un son décomposé. Les différents langages dans le monde sont emprunts de tous ces procédés d’écritures.

Le mot calligraphie vient du grec “kallos” (beauté) et de “graphein” (écrire). La calligraphie c’est l’art de la belle écriture et de la forme. Parmi les calligraphies, les plus connues sont sans doute la calligraphie latine, arabe et chinoise.

La plus représentative des calligraphies latines est l’écriture gothique, vieille de 2000 ans, très utilisée dans le monde religieux, notamment par les moines, spécialistes des enluminures. Au XVIIe siècle, on nommait le calligraphe de “belles mains” !

La calligraphie arabe, plus récente, est née au VIe siècle, faisant suite à une culture orale de tradition ; elle est liée, entre autres, à l’avènement de l’Islam et sa formation a largement servi à la diffusion des écrits du coran, la plus fidèle et explicite possible. L’écriture arabe a été développée dans le temps de manière très riche et diversifiée.

La calligraphie chinoise remonte à la plus haute antiquité et comporte différents styles et c’est à partir du IIIe siècle qu’elle fixe définitivement la structure et la technique de ses tracés. La calligrahie chinoise est rapide (style courant ou style d’herbe) appelée aussi “écriture folle ou agitée” comme l’herbe dans le vent !

Toutes ces calligraphies s’inscrivent dans des contextes culturels, au fil des aléas de l’histoire, elles ont varié et évolué avec les différents supports et outils : la plume d’oie, le calame (morceau de roseau taillé en biseau et fendu), le pinceau chinois ... et toutes demandent des qualités de concentration, d’habileté, de technique ... et de personnalité spirituelle !

L’alphabet tag (1) utilisé aujourd’hui est aussi une continuité de l’alphabet de nos ancêtres “phéniciens” d’il y a trois mille ans. 0utre sa fonction sociale encore différente, comme toute écriture, il fait appel pour le décrypter à des codes de visibilité pour ceux qui veulent seulement voir et de lecture, pour ceux qui cherchent à comprendre ou qui “savent” .

La calligraphie dans le tag, c’est un vrai voyage sur place ! C’est aussi une recherche du trait le plus beau, le plus expressif !

1) : TAG était un des premiers “crews” (collectifs, bandes) à se donner un nom dans le milieu du graffiti, au début des années 70, aux Etats-Unis, il signifie : “Tuff Artist Group” ; on pense que l’utilisation du mot TAG tire ses origines du nom de ce collectif.
“L’oeil paca.fr” , graffiti et tag

ET AUJOURD’HUI QU’EN EST-IL REELLEMENT DU GRAFFITI ?

Avec le mouvement graffiti, le hip-hop et le graffe, un nouveau style pictural est né.

On assiste à des expos, des festivals, des performances. Les spécialistes crééent des fanzines (revues spécialisées).

Malgré tout, en France, la renaissance du style graffe est vague, peu perceptible. Le graffe est affiché avant tout comme un art “vandale”, et à ce titre subit une répression policière déclarée ; la peinture aérosol reste “underground” et marginale.

Il serait cependant naïf de penser que les picturo-graffitistes n’aspirent pas à une forme de reconnaissance : faut-il rappeler que nul ne vit de l’air du temps !

Pour Olivier Sergent : “Les anciens du hip-hop qui n’ont cessé depuis maintenant près de quinze ans de croiser différents styles, d’affiner leur vocabulaire et d’expérimenter, ont suscité l’envie des plus jeunes qui tentent à leur tour de trouver une place(1)”.
Aujourd’hui, les artistes de la première heure, la “old school” (ancienne école), les “old timers” (vieille génération) vivent tant bien que mal de leur passion, font aussi de la peinture sur toile, du désign, du graphisme sur ordinateur, crééent des vêtements hip-hop ... relayés par une nouvelle génération qui aspire elle aussi légitimement à un devenir meilleur, qui essaye de trouver à son tour une place dans cette société qui propose de moins en moins d’espaces de création ...

(1) Olivier Sergent, journaliste, article pour la sortie du film “Faire kifer les anges” 1997.

LE TAG
Le tag est une signature codée formant un dessin d’intention décorative sur une surface : mur, voiture de métro ... Le tag est aussi un moyen de communiquer grâce à des surnoms, de s’affirmer en tant que jeune créateur et de marquer son passage.

Les tagueurs utilisent tout un arsenal de “caps” ou embouts (mot anglais signifiant capuchons) de bombes et de marqueurs pour réaliser leurs empreintes graphiques codifiées.

LE THROW UP
Quand ils ont un peu plus de temps, les tagueurs font ce qu’ils appellent des “flops” : déformation sémantique de throw up, plutôt que de simples tags.

Les “flops” ou “bubbles”, mélange de graffe et de tag, peuvent être parfois coloriés. Les tagueurs et les graffeurs réalisent de grosses lettres en forme de “bulle”, visant à montrer que l’on sait faire autre chose que de marquer son pseudonyme sur un mur.

LE BLOCK STYLE
La “brûlure”, "le simple style" et le “block style” de formes rectangulaires, sont tout simplement une association de plusieurs lettres envisageant le tag de la personne concernée. Souvent, deux couleurs sont nécessaires à l’élaboration de celui-ci. En règle générale, le fond est en or ou en argent et les “out lines” sont en noir, bleu ou rouge.

Cette technique, peu facile à maîtriser d’une manière convenable de par l’importance des mesures géométriques à respecter, est cependant rapide à exécuter, car un fond autour du lettrage n’est pas requis pour le mettre en évidence. Le “block style” est très visible de par ses grosses lettres lisibles par tous.

LE WILD STYLE
C’est la base même du “Graffiti Art” si l’on fait référence à New-York dans les années 70/80. Le “block style” et le “throw up” sont les premières approches typographiques nécessaires pour accéder à l’utilisation de lettres plus travaillées et plus compliquées.
Ensuite, le “semi-wild” et le “wild style” correspondent à l’étape ultime où le graffeur utilise flèches et lettres compliquées afin de former une association de lettrages illisibles pour la majorité des personnes. D’autres calligraphies et typographies arabes ou japonaises sont également utilisées par les graffeurs.

LE FREE STYLE
Importé des Etats-Unis en 1987, cette forme abstraite du graffiti recueille l’intérêt des initiés. Ces derniers utilisent facilement d’autres matériaux en même temps que la bombe : acrylique ou posca.

LES PERSONNAGES
On en distingue trois sortes :
- les B.Boys, aux formes carrées et à l’attitude menaçante
- depuis 1990, des héros de dessins animés et de bandes dessinées (comics, mangas)
- des personnages réalistes

LEXIQUE GRAFFITI
ABUSER : taguer sans discrétion
ARRACHER : faire des tags en grande quantité
B.BOY : personnage faisant partie du mouvement, vient de “Breaker Boy”, apparaissant très souvent dans les fresques graffe
BEBOM : bombe de peinture aérosol
BOOK : classeur, livre, cahier où il y a les esquisses, dessins d’un graffeur
BRÛLURE : lettrage comportant deux couleurs, en général le noir et l’argent
BUBBLE : lettrage graffe en forme de grosse bulle
CAILLE-RA : du verlan “racaille”, délinquant
CARTONNER : action de peindre massivement sur une surface
CHETOR : marqueur utilisé par l’ensemble des initiés pour décorer les rues et le métro
COSMONAUTE : surnom donné par les tagueurs aux membres du G.I.P.R. (organisme chargé de la surveillance du métro)
CREW ou POSSE : groupe dans le graffti, mais aussi dans toutes les disciplines du hip-hop
FAT CAP : embout de la bombe aérosol qui permet d’obtenir des gros traits
FLOP ou THROW UP : lettrage gonflé se situant entre le tag et le graffe
GRAFF’ ou GRAFFE : peinture ou fresque murale
GRAFFITI : inscription ou dessin griffonné ou gravé sur les murs, les portes, les palissades ...
HIGH LIGHT : trait blanc pour l’effet lumière
KIDS : jeunes graffeurs
LOGOTYPE : nouvelle forme de graffiti, propre à l’Europe, utilisant l’iconographie
METTRE A L’AMENDE : faire payer les bombes, dépouiller, frapper quelqu’un ou bien être meilleur que son rival
MOUVE : mouvement hip-hop
NAME PLATE : boucle de ceinture arborant le nom du tagueur
OLD TIMER : ancien du mouvement
OLD SCHOOL : première école du hip-hop et du graffiti
OUT LINE : contour du lettrage
PAC MAN : surnom donné aux travaileurs de la “Comatec” (organisme chargé du nettoyage des voitures de métro taguées), dû à leur tenue jaune
POMPAGE : copier le style d’un tagueur ou d’un graffeur
SCAPO : verlan, marqueur “posca” utilisé par l’ensemble des initiés pour les rues et le métro
SEE-YA : au revoir
SKINNY : embout de la bombe aérosol qui permet d’obtenir des traits fins
TAG : signature codée formant un dessin d’intention décorative
TOP TO BOTTOM : lettrage recouvrant de haut en bas une voiture de métro
TOYER : repasser sur le graffe de quelqu’un que l’on n’aime pas
WANTED : être recherché par une tierce personne, en général, il est accompagné de toyage
WRITERS : nom anglais, donné à tous ceux qui écrivent dans le graffiti

Sources : Livre "Paris Tonkar"

MATERIELS GRAFFITI :
LE MASQUE DE PROTECTION
Les vapeurs de la bombe peuvent paraître “agréables” à l’odeur, elles n’en sont pas moins nocives. Il vaut mieux protéger ses poumons et son coeur (surtout en intérieur), avec un masque de protection respiratoire contre les vapeurs organiques et les poussières.

LA BOMBE AÉROSOL DE PEINTURE
Il existe différentes marques : Sparvar, Felton, True color, Belton, Krylon, Montana... vendues en magasin spécialisé pour le graffiti, de bonne qualité et d’un prix raisonnable. Ces bombes ont plusieurs contenances allant de 100 ml, 200 ml, 400 ml, 600 ml à 750 ml.

L‘EMBOUT
Il existe aujourd’hui une multitude de caps permettant différents effets et épaisseurs de traits. Les plus utilisés sont : le “fat cap” (largeur du trait : de 8 à 15 cm), le “skinny” (largeur du trait : de 2 à 3 cm), le “cap aiguille” (largeur du trait : de 0,5 à 1 cm).

LE MARQUEUR
Très apprécié des tagueurs, il existe une grande variété de marqueurs (posca ou autres) de différentes couleurs, de pointes et de largeurs, pouvant atteindre jusqu’à 10 cm de largeur.

LE STICKER
Extension du tag traditionnel, les stickers offrent un support d’expression supplémentaire aux “writers”, désirant s’approprier de petites surfaces stratégiques.

Ceci est le matériel de base. Selon les techniques travaillées, les expériences faites ... les matériels et matériaux utilisés sont multiples et propres à chacun (peinture murale, toile, pochoir, aérograttage ...)

Vous aussi, vous voulez compléter les sources d'informations sur les cultures et disciplines artistiques présentées dans cette rubrique, et les faire partager au plus grand nombre, alors n'hésitez pas à nous en faire part de façon réfléchie !

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